Classé sous | Place aux parents

Je vais toujours me souvenir de ce moment magique…

 

Lors de ma 3e grossesse, nous avions décidé, mon conjoint et moi, de donner naissance à notre bébé à la maison avec une sage-femme et une accompagnante à la naissance pour les enfants.

 Lorsque les contractions ont commencé, le matin ne s'était pas encore levé, les enfants dormaient paisiblement. J'ai contacté ma sage-femme dans l'incertitude que c'était le bon moment pour le faire, j'avais peine à croire que l'heure était vraiment venue tellement l'attente avait été longue. J'avais dépassé ma date de 11 jours et je n'y croyais tout simplement plus. Malgré le doute, j'ai suivi mon instinct, j'ai parcouru de long en large mon appartement en marchant avec conviction, m'arrêtant pour vivre chaque contraction.

 La sage-femme est arrivée suite à mon appel et se faisait toute petite pour me laisser l'espace nécessaire. Mon conjoint n'était pas loin si j'en ressentais le besoin et comme les contractions n'étaient pas encore trop douloureuses, c'est lui qui s'occupa d'accueillir les enfants à leur réveil et de leur expliquer que le travail pour faire sortir le bébé était commencé. L'accompagnante est arrivée peu de temps après. Les contractions étaient devenues plus intenses et fort heureusement, mon amoureux était près de moi. Ma bulle était tellement bien construite, que je n'entendais plus la présence des enfants.

 Ma sage-femme m'a invitée à prendre un bain pour atténuer la douleur et je suis entrée dans celui-ci avec lenteur. Elle prit soin de demander à mon conjoint d'éteindre la lumière et d'allumer une chandelle ce que j'apprécia par-dessus tout. J'étais bien seule en communion avec mon bébé. J'ai passé les derniers moments du travail dans ma chambre et c'est à ce moment que j'ai commencé à perdre confiance en moi, j'étais comme au centre d'un tourbillon et je sentais qu'il était impossible pour moi de m'en sortir. J'ai demandé à avoir la sage-femme près de moi, je la vois encore assise dans le coin de ma chambre. La tempête était commencée et impossible de prendre la fuite. Je variais les positions, j'émettais des sons de plus en plus forts, j'avais l'impression que le temps était interminable. Pourtant, ma sage-femme me rassurait et me disait que tout se passait normalement, que mon bébé était presque rendu à la ligne d'arrivée. Pendant que moi je hurlais à pleins poumons, mes enfants jouaient à dormir dans une tente entourée des loups qui hurlaient. C’est fou ce que les enfants peuvent comprendre lorsqu’on prend le temps de les inclure dans ce moment magique.

 Mon dos brûlait tellement la douleur était à son apogée, mais la bonne nouvelle c'est que mon bébé ne pouvait maintenant plus reculer. Une nouvelle force m'habita et c’est à ce moment que je me suis mise à pousser. Ma fille est née quelques minutes plus tard le visage faisant face au soleil à 11h02 entourée de toute sa famille.

 C’est ma grande fille de 4 ans qui se chargea de couper le cordon ombilical les yeux remplies d’émotions. Elle nous fit bien rire lorsqu’elle demanda spontanément « Papa, quel âge elle a ? » et mon amoureux de répondre « 5 minutes ! » C’est elle aussi qui m’apporta de quoi reprendre des forces après ce marathon, de bons fruits frais, des biscottes, du fromage et des noix, c’était tellement savoureux. La vie continua comme si rien ne s’était passé, mes enfants dînèrent à la même heure que d’habitude. Étonnamment, après le dîner, ils demandèrent à voir le film du « Roi Lion », ce qui fit rire beaucoup les sages-femmes et l’accompagnante, car celui-ci commence par la chanson « C’est l’histoire de la vie… ». Nous avons pris le temps de faire connaissance, mon amoureux et moi, de cette belle boule de vie dans l’intimité la plus totale.

 Quelques temps après l’accouchement, nous reparlions de la naissance avec l’accompagnante et les enfants et c’est à ce moment que nous avons compris toute la force de compréhension des enfants. Lors de celui-ci, mon garçon a eu peur des sons que j’émettais à l’approche de la naissance et ma fille pour le rassurer lui a dit « N’aie pas peur, moi aussi quand je vais avoir un bébé je vais crier fort comme ça ». Mon petit bonhomme est resté longtemps marqué de ce moment intense, car quelques semaines après l’accouchement, alors que je prenais un bain avec des chandelles, il me dit « Maman tu criais fort dans le bain… ». Cet instant nous a permis de mettre des mots sur ce qu’il avait vécu.

 Ces moments de vie resteront gravés dans ma mémoire, sur mon corps et sur mon cœur pour le restant de mes jours…

 J. 



Écrire un commentaire

Restez connecté :


Pour nous joindre : 5485, boulevard de l'Ormière
Québec (Québec) G1P 1K6
Tél: 418-688-3301
Fax: 418-688-7666
Question? Commentaire? Écrivez-nous


Partenaires