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J’ai perdu ma doudou

Selon le pédiatre et psychanalyste Winnicott, la doudou est « objet de transition, intermédiaire entre le réel et l’imaginaire, la présence et l’absence, la sécurité et l’aventure. Il est l’objet de tous les possibles et de toutes les attentes ».

Le plus souvent, il s’agit d’une couverture de bébé, d’une peluche ou d’un bout de tissu… C’est un objet fétiche que les enfants trimballent avec eux, qui les réconforte lors d’un gros chagrin, les rassure à l’heure du dodo, que ce soit à la maison ou à la garderie. La doudou apporte un sentiment de sécurité en face d’une situation nouvelle ou stressante qui demande une période d’adaptation.

L’attachement à une doudou apparaît autour de l’âge de huit mois car c’est à cette période que bébé vit ses premières difficultés en lien avec la séparation maternelle. En effet, il réalise peu à peu qu’il est une personne distincte de sa maman.

Ce ne sont pas tous les enfants qui ont une doudou. Cela dépend de chaque enfant mais aussi de son lieu de naissance et de son milieu de vie. Le phénomène de la doudou est essentiellement occidental mais, même là, un enfant sur deux n’en aurait pas.

Perdre sa doudou revêt un caractère traumatisant pour plus d’un enfant. Celui-ci perd ses références habituelles dont l’objet qui l’aide à s’endormir et à supporter l’absence de ses parents. Quelque soit l’âge de l’enfant, il s’agit d’un évènement à ne pas négliger : il faut mettre des mots sur cette perte, accueillir la peine. Par exemple, pour faciliter l’endormissement du tout-petit les premiers soirs sans doudou, on peut lui proposer un objet ayant l’odeur maternelle. Au plus grand, pour lui permettre de franchir le cap le plus difficile de la perte de la doudou, ce peut être de prendre une autre de ses peluches, présentée comme un « copain » de l’habituelle doudou ou même d’aller acheter une doudou « de grand », achat effectué avec papa et maman, afin de bien marquer toute l’importance que l’on lui accorde.

On aimerait ne jamais perdre la doudou. Voici quelques suggestions pour éviter de se retrouver en pareille situation:

  • Trouver un ou deux sosies à la doudou et les utiliser en alternance pour favoriser une usure égale et permettre le lavage
  • Proposer deux doudous, chacune ayant son rôle et son propre nom
  • Utiliser une attache-doudou lors des déplacements
  • Inscrire le numéro de téléphone de la maison sur une étiquette cousue à la doudou
  • Laisser la doudou à la maison, de préférence

Si malgré toutes ces précautions, la doudou est perdue, évitez d’en faire un drame.

À votre étonnement, vous constaterez peut-être que votre enfant peut maintenant s’en passer. Il est capable d’exprimer sa peine par des mots, il se sent plus sûr de lui.

Si, au contraire, c’est la catastrophe, dites-lui que vous comprenez la situation, qu’il n’est pas seul. Selon son âge, faites-lui comprendre que pertes et frustrations font partie de la vie. Cette première expérience de séparation peut devenir un moyen de l’aider à affronter d’autres pertes qu’il vivra plus tard, celle d’un animal de compagnie par exemple.

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