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Face au mensonge

Face à quelqu’un qui ment, on peut se sentir dupé, déçu, irrité, en colère, floué ou bien se montrer amusé ou indifférent.

Évidemment, cela dépend des enjeux et de l’interlocuteur, mais envisageons ici le mensonge véniel, que chacun pratique plus ou moins selon les circonstances de la vie et qui ne met rien de bien grave en jeu. Donc parlons ici des boniments des enfants.

Comment réagissent les parents, quand leur enfant leur assène avec aplomb un mensonge cousu de fil blanc?

La plupart font preuve de discernement. Le mensonge bénin amène son petit sermon : « il ne faut pas mentir, ce n’est pas bien, tu dois dire la vérité ». Le mensonge plus grave, lui, occasionne son lot de remontrances plus ou moins sérieuses, et parfois même une punition.

Pourtant, bien des parents ont l’impression, devant leur enfant qui ment, qu’ils ont raté quelque chose dans son éducation. Ont-ils su lui transmettre des valeurs d’honnêteté et de droiture? Peut-être redoutent-ils que l’enfant en tire parti, qu’il en prenne la vilaine habitude et qu’eux-mêmes ne sachent plus faire la part des choses.

La « bonne éducation » demande qu’on apprenne aux enfants à ne pas mentir. Le mensonge est vu comme une tare ou, à défaut, comme un travers à corriger.

Il y a toutefois d’autres façons d’envisager le mensonge. Le roman nous en suggère une. On sait bien que le roman n’est pas la réalité, qu’il ment. Il n’est pas vrai, il est vraisemblable. Vraisemblable : qui fait semblant d’être vrai. Le roman se veut une lecture vraisemblable de la vie : la vie pourrait être ainsi, cela pourrait advenir.

Le mensonge peut, à l’instar du roman, être envisagé comme un art. S’il est crédible, c’est qu’il comporte une part de vraisemblance. Si quelqu’un invente une histoire, c’est qu’elle est pensable. Si elle est pensable, c’est qu’elle pourrait advenir.

« Credo quia adsurdum. »

C’est la formule de Tertullien, père de l’Église latine du IIe siècle : on peut croire, car même si c’est absurde, cela reste vraisemblable.

Les enfants comprennent assez vite que le mensonge est pratiqué par tout un chacun. Certaines personnes en font commerce, d’autres n’avouent pas qu’ils mentent comme des arracheurs de dents, quelques-unes s’en servent pour manipuler et obtenir des gains, mais c’est sûr, nous mentons tous.

Alors, si un enfant ment, on peut délibérément choisir de le croire, même si c’est absurde… On peut faire semblant que c’est vrai. C’est le côté artistique, fantaisiste, de l’enfant que l’on salue ainsi.

Même les paroles les plus folles, même les plus invraisemblables, révèlent ce qu’un être est, ce qu’il veut faire comprendre de son monde, du roman qu’est sa vie.

Groupe Les Relevailles

3 Réponses à “Face au mensonge”

  1. Mimi dit :

    Merci de ce point de vue!

  2. Grenouille dit :

    Merci !

    Ça tombe à mon dans ma vie et me remémore quelque chose que j’avais mis de côté dans mon cerveau.

  3. Grenouille dit :

    tombe à point

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