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En réaction: La dépression post-partum

Réaction à l'article : "Dépression; les nouvelles mères ne sont pas plus à risque" paru dans Le Journal de Montréal du 17 mai 2009.

Selon l’étude de la professeure Catherine Des Rivières Pigeon, de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), il y aurait une "surutilisation du terme post-partum et même une utilisation abusive du terme dépression post-partum" au détriment d’autres dépressions qui surviennent à d'autres étapes de la vie.  Selon les 27 ans d’expérience que cumule le Groupe Les Relevailles auprès de mères, la dépression post-partum (DPP) serait plutôt la face cachée de la maternité. Elle touche près de 20% des femmes (selon Dre Marie-Josée Poulin, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, 2008).  Comme les mères en témoignent tous les jours, on parle encore trop peu de dépression post- partum (DPP).

Le vrai mythe auquel on se heurte, c'est plutôt celui de la croyance populaire voulant que la période périnatale soit toujours une période d'épanouissement et même de plénitude. Que la maternité est tout simplement incompatible avec des problèmes de santé mentale. On assiste à l’idéalisation extrême de ce passage de vie.  De la grossesse au lien d'attachement, en passant par la vie familiale ; tout est entouré d'un halo de perfection.  Qu'arrive-t-il quand la réalité vient démolir ces rêves de bonheur ? Quand la détresse remplace l'épanouissement ?  Quand la colère et l'apathie se substituent à l'amour maternel ? Quand la déprime persiste et que la dépression s'installe…? Comment avouer ce mal-être envahissant quand on devrait vivre un conte de fées ? Le principal symptôme de la dépression majeure est l'état de tristesse, puis vient le désespoir qui persiste et qui porte atteinte au rendement professionnel, scolaire et social. Selon la gravité de la dépression, les symptômes peuvent nuire au fonctionnement socio-affectif de la mère. Plus grave encore, dans le cas d'une dépression post-partum, la personne dépressive n'est pas seule avec son mal-être, il y a un enfant dépendant des soins de sa mère pour sa survie et son développement.  Que la dépression post-partum soit classique ou spécifique, nous sommes face à une mère souffrante, parfois incapable de s'occuper de son bébé ou, pire encore, complètement désintéressée de celui-ci. Voilà pourquoi on doit parler de la dépression post-partum. Il faut de la recherche certes, mais il faut aussi informer la population pour contrecarrer les fausses croyances et pour rejoindre les mères qui souffrent seules, en silence. Il faut en parler pour qu'enfin ces femmes et leurs proches puissent reconnaître la DPP, demander de l'aide à des professionnels et mettre en place des mesures aidantes et sécurisantes pour ces mères, leur enfant et leur famille.  Plus rapidement la dépression sera diagnostiquée, moins les conséquences seront importantes ou permanentes, plus rapide sera la guérison.  Plus la mère est disponible émotivement à son enfant, meilleure est la qualité des soins qu’elle lui prodigue, plus elle est en mesure de ressentir du plaisir en sa compagnie, de développer un sentiment d'attachement à son égard et même de ressentir un sentiment de compétence parentale. Quel effet protecteur pour le développement de l'enfant ! Parler encore plus de la dépression post-partum parce qu'elle comporte des risques non seulement pour la santé et la sécurité de la mère, mais également pour celle de l'enfant.  Les conséquences à long terme d'une dépression post-partum majeure non soignée sont multiples et dommageables pour l'équilibre mental de deux personnes au minimum et ce, sans parler de la transmission inter-générationnelle… depressionNous ne croyons donc pas que l’on surutilise le terme dépression post-partum, mais plutôt que l'on parle trop peu de maladie mentale. Voilà où se situe le véritable problème. Tabous, mythes, préjugés, la dépression comme les autres maladies mentales, se heurte à nos peurs. Et elle est plus répandue que ce que l’on pense (un Québéçois sur six selon la Fondation des maladies mentales, 2008).  Parmi les causes de la dépression post-partum, il est vrai que les hormones sont identifiées, à tort, comme les véritables coupables.  ll est aussi exact de penser que cela peut avoir pour effet de déculpabiliser les mères. En cela, nous rejoignons Catherine Des Rivières Pigeon. Plus déculpabilisant encore que d'identifier les hormones comme cause lors d'une dépression post-partum, il y a la rencontre d'autres mères souffrant elles aussi de DPP.  Oser parler de sa détresse, de sa tristesse, de son irritabilité, de sa difficulté d'attachement avec son nouveau-né, de son anxiété, de ses idées noires, des fantasmes terrifiants dont l'enfant est la cible, de son sentiment de dévalorisation … voilà un véritable baume à la culpabilité.  Parler, nommer, normaliser, briser le silence et l'isolement, constituent souvent les premiers pas du rétablissement.  L'effet thérapeutique de la parole! Quand aux origines de la dépression post-partum, difficile d'en identifier les sources exactes.  Il est question de causes biologiques, psychologiques et sociales et de facteurs de risque. Qui est le principal responsable ?  Les neurotransmetteurs ? Les hormones ? Les événements du passé non-résolus ?  Les antécédents familiaux ou personnels de maladie mentale ?  L'idéalisation de la maternité ? Le manque de sommeil ?  L'absence de soutien ?  L'isolement ?  Les conflits conjugaux ou familiaux ?  Les problèmes financiers ?  Les stress vécus durant les dernières années ? Les hormones ne restent pas longtemps seules au banc des accusés. Dépression classique ou dépression spécifique ? Qu'importe. La dépression post-partum n'en demeure pas moins bouleversante pour toute mère qui la vit, pour toutes les familles qui en subissent les soubresauts et pour tous les enfants qui en porteront peut-être les traces, si le mal-être derrière la dépression reste caché, comme c'est parfois le cas. Pour la mère qui vit une dépression post-partum, l’important, c'est l'accueil qu'elle recevra lorsqu'elle osera en parler.  C'est l'écoute, le soutien et l'entraide dont elle bénéficiera.  L'important c'est qu'un petit germe d'espoir naisse de cette rencontre pour qu'elle puisse enfin retrouver la force et l'envie de se mobiliser pour faire de cette crise un tremplin vers un nouvel équilibre…  Et c'est justement ce que l’on constate régulièrement au Groupe Les Relevailles. La dépression post-partum, parlons-en pour que tous les membres de la famille puissent s'épanouir !

6 Réponses à “En réaction: La dépression post-partum”

  1. Karine dit :

    Je suis une maman qui participe au groupe de soutien pour les mères en dépression post-partum et ce groupe, ainsi que les intervenantes, me permettent d’avoir de l’espoir et de penser que je pourrai m’en sortir…un jour à la fois.

    Karine, une maman qui remonte la pente.

    • sanssoucy annie dit :

      Bonsoir Karine

      Ma fille a fait un deni de grossesse et elle a attendu ce petit avec bonheur malgré son jeune age 17 ans et mon soutien mais elle va très mal je suis sure qu elle souffre d une depession post partum . Pourriez vous me donner le n° de tél. d une assassiation svp je l aime tellement et voudrais l aider de ttes mes forces pourriez vous me repondre sur mon adresse mail qui est anseline@hotmail.fr merci par avance de votre aide Annie

  2. Merci Karine de nous faire part de ton appréciation!

  3. Mimi dit :

    Merci Les Relevailles pour ce beau texte !

    En tant que maman qui a souffert d’une DPP lors de l’arrivée de son premier bébé, je crois effectivement qu’il faut en parler bien davantage afin de briser le mythe de l’idylle entre la nouvelle maman et son bébé.

    J’ai eu de l’aide de l’Oasis (bonjour Karine!) en cette période difficile, jumelée à un excellent suivi de Dre Poulin à la Clinique de psychiatrie périnatale, et cette période est désormais derrière moi.

    Le 2e bébé arrive bientôt, je l’attends avec impatience, et je serais aux aguets pour les signes d’une autre DPP, tout en espérant l’éviter.

    La DPP est une réalité trop souvent occultée, merci au GLR de s’y intéresser!

    Mimi

  4. isabelle dit :

    Je suis juste pas capable, je voudrais tant lui donner plus de joie et lui montrer la vie. Je sort pratiquement pas. Je nexiste plus, il y a juste la maman et la blonde.et encore, jen suis incapable et tout va mal. Jecrit ici je ne sais pas pourquoi. J’ai esseyer une fois de vous appeller, je voudrais venir, mais jen suis incapable.

    • Les animatrices du groupe Oasis dit :

      Isabelle, l’état dans lequel vous êtes en ce moment est une réalité que plusieurs mères partagent .Cet état est souffrant c’est pourquoi il est important de ne pas rester seule, d’en parler et d’aller consulter (son médecin de famille est la première personne avec qui prendre rendez-vous). Je comprend que de prendre le téléphone, ou de se déplacer peut être vu comme une tache insurmontable, mais cet effort permet par la suite d’être accompagné et accélère le rétablissement.

      Le groupe Oasis est un groupe d’entraide ou les mères nomment leur vécu, leurs émotions. Elle peuvent partager leur réalité de la maternité, dans un endroit accueillant et confidentiel. L’Oasis permet avant tout de briser l’isolement, il normalise le vécu, permet de retrouver l’espoir et ultimement de reprendre du pouvoir sur sa vie.

      Je vous trouve courageuse déjà d’avoir émis un commentaire, très peu de gens le font. j’espère que vous retrouverai ce courage pour téléphoner et demander de l’aide.

      Au plaisir

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