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Choisir un prénom… pas si facile

Les prénoms ont une importance encore plus grande qu’on pourrait le croire. Pensons à l’histoire – rapportée dans les journaux il y a quelques années – où trois enfants portaient un prénom double, composé en partie du nom Hitler. Non seulement les prénoms ont été changés par décision du juge, mais les parents ont également perdu la garde de leur progéniture.

Sans aller dans des cas aussi extrêmes, il faut savoir que l’« acte de nommer » marquera à vie votre enfant, l’engagera pour son existence entière. C’est donc une décision qui se doit d’être réfléchie.

L’envie est prenante de SE faire plaisir quand on choisit le prénom de son bébé. Depuis toute petite, vous ne jurez que par les Martine; alors bébé s’appellera Martine. Que dire si votre personnage préféré dans votre enfance était Bécassine, Fanfreluche ou Popeye!

Parfois, on veut faire plaisir à quelqu’un en choisissant un prénom de l’entourage, même s’il nous semble assorti d’une date de péremption (!), qu’on supporte à peine de le prononcer, qu’il nous écorche les oreilles. S’abstenir! Vos père et grand-père ont vu neiger; ils comprendront pourquoi vous ne privilégiez pas d’appeler votre enfant Philias, Fulgence, Philémon ou Cunégonde. Ils ont peut-être eu eux-mêmes toutes les difficultés du monde à porter leur nom. Vos aïeuls, eux, si vous passez outre le choix de leur prénom dans votre liste de préférences, ne sont plus là pour vous en faire reproche!

Il est probable que vous receviez aussi une pression infinie de la part de gens, de bonne volonté, mais qui vont mettre à rude épreuve votre patience et votre diplomatie. Tous ont une idée du prénom parfait que vous devez absolument donner à votre petit. Et vous voilà aux prises avec une liste effarante difficile à gérer.

Bien sûr, les idées ou conseils sont souvent bons à prendre…, mais pas toujours. C’est à vous et à vous seul (avec votre conjoint ou conjointe) de décider. Aucune contrainte extérieure ne devrait faire pencher la balance.

Mais bon, le choix est vaste. Comment s’y retrouver?

Nous connaissons tous des anecdotes sur le sujet : un tel a nommé ses enfants comme les quatre Évangélistes; les enfants de telle autre famille portent la même initiale et, fin du fin, cela rime (Justine, Janine, Joséphine, Jocelyne, Jacqueline); dans une autre enfin, les lettres de l’alphabet sont utilisées une à une (Antoine, Bruno, Caroline, Daniel-Étienne, Fabiola), etc.

Gare à ces jeux attirants. On ne cible pas un prénom comme si c’était un tour de passe-passe intellectuel. Dans les exemples ci-dessus, les choix sont faits en fonction de notre propre agrément : épater la galerie, suivre une mode, se laisser aller à nos penchants ou à nos lubies. Ce n’est pas le but. L’enfant doit se trouver bien avec son prénom, comme s’il portait le même chandail toute sa vie sans se sentir à l’étroit ou ridicule!

Les prénoms composés, forts prisés ces temps-ci, sont parfois à prendre avec des pincettes. Attention à la sonorité (Marc-Alain) et au travers si courant de tomber dans la préciosité : une Iphigénie-Ophélie fera rire… ou pleurer.

Les deux prénoms doivent aussi s’équivaloir : n’y a-t-il pas comme une incongruité de « degré » dans Luc-Tancrède ou Sylvie-Junon?

Monsieur préfère Sarah, madame ne démord pas d’Anaïs? Méfiez-vous des chicanes! L’enjeu est crucial, d’accord, mais pas au point de briser son couple. Dans le cas cité ici, pourquoi ne pas choisir un délicat Sarah-Anaïs? La paix revient dans le ménage…

Donner à l’enfant le même prénom que le père en y ajoutant « junior » est chose assez courante de la part des anglophones. Nous, les francophones, n’avons pas une prédilection pour cette coutume. Nous sommes connus pour notre caractère individualiste et si cela a parfois ses écueils, ici nous pouvons dire ouf! Nous n’aurons pas beaucoup de « vieux » Roger et de « jeune » Roger dans la même famille!

Dans nos contrées, le prénom – est-il besoin de le dire – s’accole au nom. Double attention! On a trop souvent vu des Pierre Laroche, des Olivier Laforest, des Omer Larivière…

Faites une petite recherche autour de vous, par Internet ou en bibliothèque pour comprendre l’origine du prénom que vous aimez tant et connaître les personnalités qui l’ont déjà porté ou le portent actuellement. Cette recherche vaut le détour : votre adorable Marie-Antoinette, ravissante Isadora, beau Bonaparte ou charmante Erzsebet ont déjà fait la grande ou la petite Histoire, et elle ne s’est pas toujours bien terminée pour eux… ou pour les autres. Pourquoi faire porter un tel poids sur les épaules d’une seule personne? Si vous ne connaissez pas la portée historique du prénom que vous voulez pour votre enfant, il y aura toujours quelque érudit, quelque part, qui saura le rappeler à votre fils ou à votre fille.

La recherche des prénoms les plus usuels peut également vous aider. Plusieurs sites sur Internet dénombrent les statistiques. Un prénom peut vous paraître magnifique, mais il est numéro 1 dans toute la province, vous qui vouliez quelque chose d’unique! Alors, n’hésitez pas à vous plonger dans cet outil de travail, car il peut vous éviter bien des faux-pas.

Pour les plus téméraires, une tournée dans un cimetière peut s’avérer pleine de surprises. On y trouve de tout : des prénoms les plus étranges aux plus sages.

Vous avez fait le tour de la parenté, des sites, des livres, des cimetières, mais vous hésitez encore entre deux ou trois prénoms? Là, vous vous arrachez littéralement les cheveux? Une idée un peu folichonne peut vous permettre d’y voir clair.

Préparez un bon souper que vous partagerez avec des amis (des gars comme des filles), une demi-douzaine ou plus autour de la table. Avec des cartons ou des fiches de couleurs, tout le monde passe au vote et fait part de ses commentaires sans aucun jugement et en toute liberté. Fous rires et efficacité de la démarche garantis!

Dans toute cette saga des prénoms, ne négligeons pas le coup de foudre. Devant cet incontournable, rien à faire : il faut suivre son cœur…

Dites tout haut et souvent le futur prénom de votre enfant accompagné de son nom de famille, pensez aux conséquences de porter un tel nom, pensez que votre enfant est unique, vraiment UNIQUE.

Bébé est né, et il vous reste toujours un point d’interrogation : « Ai-je choisi le BON prénom? ». Un petit test calmera vos tourments.

Tenez-vous dans une pièce de la maison, votre bambin dans la pièce voisine. Sur le ton de la conversation, prononcez son prénom. S’il répond, vous avez gagné. Sinon, si « Brutus » ne semble vraiment pas convenir à cet être si mignon, ne soyez pas accablé. Il pourra toujours en changer, c’est là son libre-arbitre plus tard.

Vous n’avez pas encore arrêté votre choix et vous baignez dans l’hésitation la plus absolue? Qu’importe. Plusieurs parents attestent que c’est en voyant la petite frimousse de leur poupon, en se penchant vers lui et en scrutant ses fossettes mangeables, ses roses joues, ses yeux lumineux qu’ils ont compris : « Toi, tu t’appelles bien Magali, n’est-ce pas? ».

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